mercredi 9 novembre 2016

Un Lexique de propriété intellectuelle

Les éditions AO, gérées par Jean-Luc Tafforeau, se font avec joie l'écho de la récente publication de Patrick Tafforeau, frère du précédent, et professeur agrégé de droit à l'Université de Nancy.


Il s'agit d'un lexique, rassemblant 300 mots-clés sur le thème de la propriété intellectuelle, une façon attrayante et pédagogique de prendre la mesure de ce domaine fondamental du droit. Le rapport qualité-prix du lexique est indéniable : 4,80 € pour ces 300 “entrées de lexique”, définies au long de 48 pages denses au format 11 sur 21 cm, agrafées pour faciliter la consultation : le fascicule tient “ouvert” sans difficulté sur la table de l'étudiant ou de toute personne souhaitant s'initier au vocabulaire fourni de cette branche du droit, ainsi définie dans le communiqué de publication :



Petit lexique Droit de la propriété intellectuelle, par Patrick Tafforeau, ISBN 978-2-297-05393-8, éditions Gualino / Lextenso éditions. Il est feuilletable sur www.lextenso-editions.fr

mercredi 26 octobre 2016

“Domptez” Microsoft Word

L'intitulé classique des formations à un logiciel utilise plutôt le verbe “maîtriser”. C'est déjà un terme assez fort. Avec Microsoft Word, le verbe “dompter” s'impose. C'est le titre du stage de formation que les éditions AO vous proposent : “DOMPTEZ WORD !”

Pourquoi ?
Le traitement de texte de Microsoft est un vieux logiciel – ses premières versions ont 30 ans. Il s'est construit au fil du temps, par l'accumulation de fonctions, empilements parfois complexes, qui rendent son emploi raisonné et efficace assez difficile.


J'utilise pour ma part cet “outil” depuis ses origines, que ce soit sous Mac OS ou sous Windows. J'ai dû saisir des milliers de pages, dans tous les domaines, du courrier au roman complet, du compte rendu au rapport d'analyse informatique, des cartes de vœux aux dépliants publicitaires.

Avec ce stage, je vous propose une démarche originale.
Il ne s'agit en aucune façon de “tout savoir” sur Microsoft Word, mais plutôt de savoir comment accéder à tout, uniquement si le besoin se fait sentir, et, en priorité, de découvrir les fonctions essentielles du traitement de texte.

L'objectif premier est de gagner du temps, de ne pas vous enfermer dans des processus labyrinthiques et répétitifs, de garder la main, de rester les “maîtres du jeu”. En aucune façon un logiciel n'est une norme à lui seul. Ce n'est ni un professeur, ni un expert. Votre vocabulaire ne figure pas dans son “correcteur orthographique” ? La belle affaire ! C'est vous qui décidez, l'être humain, et pas lui. Il n'est que le reflet de ce qu'ont imaginé d'autres êtres humains, les concepteurs et programmeurs, et ils ne sont pas infaillibles – seule le Pape l'est, et encore, suite à une “bulle” datant du XIXe siècle !

Pour recevoir de nombreux “tapuscrits” et autres documents un tant soit peu complexes, je mesure combien l'emploi de Word reste sommaire. Certes, la suite Office est facile d'accès. Il est dommage cependant de rester à la surface des choses. Que de pertes de temps !

Je vous propose d'organiser ce stage sur Lyon, pour une durée d'une journée. Selon le nombre de participants, nous imaginerons la meilleure solution pratique. Il s'organisera autour d'études de cas, de mémos, de conseils et d'expériences qui modifieront profondément votre façon d'employer le logiciel. Et, surtout, de le “dompter”, de faire en sorte qu'il soit à votre service – et non l'inverse !
Travailleur indépendant, je vis de mes prestations de services (et de la vente de livres des éditions AO). Ce stage sera donc payant. Je me réserve la possibilité de faire varier le prix selon les moyens et le statut des participants (particuliers ou professionnels).

Pour me contacter à ce propos, utilisez l'adresse de courriel placée en marge droite de ce blog, ou consultez la page Contact du site web des éditions AO.

Merci pour votre attention !

Jean-Luc Tafforeau, gérant des éditions AO

NB : ce que vous pourrez apprendre concernant Microsoft Word s'applique pour l'essentiel à ses “clones” du monde du logiciel libre.

Musiques sans paroles

Pour le plaisir des oreilles – enfin, nous le souhaitons – quelques morceaux signés de Yam Carnet, sans les paroles.

/// La rythmique d'un morceau que l'ingénieur du son avait surnommé “Rock soviétique” pour son côté rudimentaire. 2 guitares acoustiques, une basse, une boîte à rythmes et un orgue.

/// Un morceau consacré à la guitare, accumulant cinq guitares acoustiques dans différents registres, une basse et une boîte à rythmes.

Bonus : deux instrumentaux purs

/// Hazard Hasard : succession d'accords censés (vaguement) ressembler à du Oliver Messiaen.

/// Opus 14 : une parodie de morceau “contemporain” qui serait interprétée au violoncelle, largement improvisée, puis “montée” par sections.

mardi 4 octobre 2016

Salon du livre de Miribel : “des livres et vous”

C'était à Miribel (Ain), du vendredi 30 septembre au dimanche 2 octobre 2016. Le premier salon du livre de la ville se tenait à l'Allégro, vaste salle dans laquelle une quarantaine d'auteurs étaient au large pour présenter leurs livres.


« Des livres et vous », un titre souvent employé, qui n'en garde pas moins toute sa saveur.
Car vous étiez nombreux, ce week-end – les éditions AO peuvent en témoigner, ayant rarement vu autant de monde à un événement de ce type. Et des livres, il s'en est vendu, il s'en est dédicacé, il s'en est échangé des quantités respectables.

Ci-dessus : Ludovic et Cathy, de l'association Dora-Suarez-leblog.

Les éditions AO avaient été accueillies par la Ville grâce à la participation active de l'association Dora-Suarez-leblog, qui œuvre à la promotion du roman noir depuis quelques années en région lyonnaise, et co-organisait la partie librairie du salon, tenue par Jean-Pierre Barrel (Un Petit Noir, librairie-café-polar des Pentes de la Croix-Rousse).

Ci-dessus : Jacques Morize indique avec autorité (normal, pour un auteur), où se trouve la caisse de la librairie.

Deux auteurs AO, et non des moindres, étaient venus partager leur enthousiasme pour leurs romans :
Jacques Morize, et sa série du commissaire Séverac, dont chaque épisode se déroule dans un quartier de Lyon.


Gaël Dubreuil (ci-dessus à la mise en place), comédien et auteur de À qui profite le Kir®?, un thriller apéritif dont nous avons fêté le quatre centième exemplaire vendu vers 15 heures le dimanche 2. Eh oui, ce n'est pas rien, 400 exemplaires, pour un éditeur indépendant ! Les libraires, les salons du livre et les auteurs sont nos principaux canaux de diffusion, ils étaient ici rassemblés, et à leur meilleur.

L'association Dora-Suarez-leblog est par ailleurs à l'origine de la nouvelle collection des éditions AO, “Dora-Suarez-leblog présente”, dont le volume 2, tout juste sorti des presses, s'intitule “À table !”, et était proposé en première exclusivité aux visiteurs du salon.

Ci-dessus : Philippe Setbon, réalisateur, scénariste et romancier (et auteur d'un des textes du volume 1 de la collection Dora-Suarez-leblog présente”).

Aux tables de dédicaces, la totalité des 4 auteurs de ce recueil de textes étaient présents : Eric Courtial, James Holin, Jacques Morize et Eric Robinne, l'occasion de repartir avec des livres (et vous) enrichis de 4 dédicaces. Des collectors pour vos bibliothèques.

Ci-dessus : James Holin ne semble pas avoir l'angoisse de la page blanche de dédicace, avec le soutien de boissons (fortes) et de gâteaux (riches en chocolat).

Nos vifs remerciements vont à la ville de Miribel, à la libraire Un Petit Noir – qui a assuré la logistique – à l'association Dora-Suarez-leblog, ainsi qu'à toutes les lectrices et les lecteurs venus rencontrer les auteures z'et auteurs.

Supplément iconographique souriant :

 Jacques Morize et une lectrice…

  Philippe Setbon écoute un lecteur…

James Holin en plein assaut de conviction.

Et pour finir : Jacques Morize boit à votre santé… en noir et blanc.

jeudi 8 septembre 2016

Mon coup de cœur de la rentrée

« Les éditions AO ont retenu avec émotion et plaisir les “métaphorismes” de Renaud Weiss pour le nouveau volume de leur collection “RIMOTISES”, à paraître dans quelques semaines. Il  vous est proposé en précommande, donnant droit à des exemplaires numérotés. Ce “coup de pouce” nous sera précieux pour assurer le meilleur démarrage à ce beau projet éditorial, mon coup de cœur de la rentrée. » Jean-Luc Tafforeau, gérant

Ce mot est étonnant, ne serait-ce que parce qu’il contient à la fois le mot « mot » et le mot « rime ». Pas mal pour un seul mot ! Et il rime avec « surprises », ces associations que les mots suscitent, aussi riches qu’inattendues…

Précommandez le livre avant le 25 septembre et recevez votre exemplaire numéroté !
Livraison mi-octobre

ET POUR TOUT DIRE
les “métaphorismes” de Renaud Weiss

Renaud Weiss a composé une série de textes brefs – jusqu'à quelques dizaines de lignes – qui se distinguent par un sens aiguisé de la formule et des enchaînements. Il joue avec les mots, alternant gravité et légèreté, toujours avec humour – et une franchise désarmante. Ces “métaphorismes” lui permettent de "tout dire” (ou presque) sur la vie, la mort, le rêve, l'amour et… l'écriture.
Une expérience de lecture inédite !

Consultez la page du livre sur le site AO.

UN TRÈS BEL OBJET-LIVRE

• Exemplaires numérotés en première page
• Couverture à rabats
• Format étroit adapté aux “métaphorismes” (12 x 20,5 cm)
• Papier intérieur ivoire épais pour le confort de lecture
• Mise en pages sophistiquée
• 240 pages, dos carré collé
• Proposé au prix public TTC de 18 €
• Participation aux frais de port réduite : 1 €

Ci-contre : le “prototype” du livre, réalisé par l'imprimeur

Plusieurs modalités pour commander
• Téléchargez le bon de commande (règlement par chèque, encaissement après expédition)
• Payez par PayPal sur la page du livre (encaissement immédiat par construction)
• Adressez un simple mail à commande[at]ao-editions.com en indiquant vos nom et prénom, le nombre d'exemplaires souhaités et l'adresse postale de livraison. Vous recevrez le(s) livre(s) accompagné(s) d'une facture

Quelques exemples de “métaphorismes”
S’il m’arrive de peindre les choses en noir, 
je ne fais jamais sans blanc.
Cultiver l’absurde pour en tirer toujours 
un petit gain de folie !
Ce qu’il y a de beau dans l’écriture, 
c’est ce qui se passe entre les lignes 
(tout le reste n’est que mythes et ratures).
J’ai toujours préféré l’orage (eau des espoirs).
Les histoires d’humour finissent bien, 
en général.


Pour terminer, un aperçu de la “lecture intuitive” qui est proposée aux lectrices et lecteurs sur les pages paires (à gauche) du livre, tandis que les pages impaires vous offrent une lecture directe…






dimanche 21 août 2016

Dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte

Nous ne saurions trop vous conseiller la séquence de 4 minutes passée au 20-Heures de TF1 samedi 20 août, “Premier de cordée, dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte”. Elle est visible en “replay” à cette adresse. C'est une réalisation de Yoan Hentgen, qui a également filmé les séquences en haute altitude.

Pourquoi ? Avant tout parce qu'elle vous fera partager l'émotion que tous les alpinistes éprouvent au moment de fouler le sommet de l'aiguille Verte. À 4121 mètres d'altitude, ce belvédère à la cime effilée offre un panorama unique sur le massif du Mont-Blanc et sa Vallée. Émotion après des heures d'effort dans l'un des itinéraires d'accès à ce sommet mythique – couloirs Whymper ou Couturier entre autres, émotion pour le “premier de cordée”, le guide, et son client, émerveillé de se tenir là, un véritable rêve devenu réalité ; émotion face à la beauté rare et inédite d'une montagne-monument.

Pour avoir connu cette expérience un 22 juillet, il y a près de trente années, je dois dire que j'ai versé quelques larmes en visionnant ces images – un grand merci au passage à Gilbert Pareau qui fut mon “premier de cordée” ce jour-là. Il n'est pas exagéré d'affirmer que ce fut mon plus beau sommet, bien plus beau que le mont Blanc, n'en déplaise au fier toit de l'Europe !


Depuis son jardin des Frasserands – d'où la Verte nous regarde – Jean-Claude Charlet nous lit quelques lignes du roman de Roger Frison-Roche, qui a marqué des générations d'alpinistes et d'amoureux de la montagne, suscitant de nombreuses vocations.


La cordée émerge d'un immense toboggan de plus de mille mètres : le couloir Couturier.
« Ici, chaque geste garde sa valeur, chaque mouvement compte… » (Frison-Roche)


Le guide, Zian Charlet, et son client, se dirigent vers le sommet.
“Moi, je suis toujours corde tendue. J'y mets un point d'honneur. Si mon client fait une zipette, j'suis quasi sûr à 100% de le tenir. Ça m'est déjà arrivé qu'il y ait un mauvais pas et j'ai bien tenu.”


Les derniers mètres sur la crête sommitale. Au centre, à l'horizon : le mont Blanc.


Montée vers le soleil, sur une neige vierge dans laquelle la cordée va imprimer ses traces.


Comme le dit avec beaucoup de justesse Zian : “Au sommet de la Verte, on devient montagnard ; mais avec un client, on devient amis, de grands amis.”


Dans la famille Charlet, nous précise le journaliste, la Verte est une histoire de filiation depuis trois générations. De père en fils, il faut conquérir l'aiguille Verte. Zian en témoigne : “Ah, la première fois, j'ai bien caché mes larmes… J'ai eu une boule au ventre pendant un quart d'heure, ici !” Jean-Claude Charlet évoque les “silences éloquents” de son père Armand : “Simplement tout dans le regard, et vous voyez que votre père est fier de vous, et cela suffit. Ça vaut tous les cadeaux du monde.” Des moments uniques, qu'il nous a relatés dans le dernier chapitre de son livre De Fils en Aiguilles.


La conclusion, sous le regard de la Verte : “C'est une philosophie qui amène à essayer de vivre ses rêves. C'est simplement ça, et, finalement, la vie, c'est quoi ? C'est cela : vivre ses rêves.”

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Vous pouvez télécharger à ce lien les discours prononcés par Jean-Claude Charlet à la fête des Guides de la Compagnie des Guides de Chamonix, dont il est le président.

vendredi 8 juillet 2016

Rencontres interprofessionnelles du livre (Arald)

Hier, 7 juillet 2016, se tenaient à Lyon les rencontres interprofessionnelles du livre, organisées à la Villa Gillet par l'ARALD (Agence Rhône-Alpes du Livre et de la Documentation). Près de 200 “acteurs du livre et de la lecture” étaient rassemblés, représentant la quasi-totalité de la “chaîne” du livre : auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires et documentalistes, lecteurs enfin. Ainsi que l'a remarqué un participant en fin de rencontre, il ne manquait que les imprimeurs.


Les éditions AO faisaient partie de la trentaine d'éditeurs de la région qui présentaient leur catalogue sur des mini-stands mis à leur disposition dans l'un des salons de la Villa. Ce fut l'occasion de dialogues impromptus avec des auteurs, des bibliothécaires, ou mes jeunes voisins, animateurs d'une maison d'édition consacrée à la musicologie, Microsillon éditions, tandis que j'ai eu l'occasion et le plaisir de rencontrer Catherine Destivelle, alpiniste renommée et depuis peu éditrice (éditions du Mont-Blanc).

Au cours des sessions tenues durant cette copieuse journée, j'ai glané quelques informations que je vous livre en relisant mes notes – sujettes à “erreurs ou omissions”, vous me le pardonnerez par avance.

Vous pouvez aussi lire le compte rendu de Story-Makers.net à cette adresse, ainsi que celui d'ActuSF à celle-ci.

Le baromètre régional de l'économie du livre en région, publié régulièrement par l'agence (Narges Temimi), nous indique une bonne cinquantaine de maisons d'édition, réalisant un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros, dont 30 pour le seul groupe Glénat. Aux deux-tiers généralistes, elles sont 40% à avoir une activité complémentaire. Près de 65% délèguent leur diffusion à une entreprise tierce. Leurs livres sont distribués à 44% en librairie (deux fois plus que la moyenne nationale). Ces dernières (une centaine étudiées) réalisent un chiffre d'affaires de près de 150 millions d'euros (dont 34 pour le groupe Decitre).

Une série d'enquêtes sur les auteurs a été résumée par Philippe Camand. Il en ressort, si j'ai bien compris, que l'on peut considérer que 1600 auteurs “vivent de leur plume” en France, à rapprocher des quelque 100000 auteurs ayant touché des droits, aussi minimes soient-ils. Ces 1600 happy few  gagneraient un peu plus de 3 SMIC par an (sans qu'on sache si c'est le cas tous les ans). J'ai noté que les à-valoir moyens étaient évalués à 1000 € pour les auteurs de textes, à 2000 € pour les traducteurs, et à 4500 € pour les dessinateurs de BD.

Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, a étudié les activités “connexes” des auteurs, dans lesquelles on retrouve les séances de dédicaces pour 95% d'entre eux (ce n'est pas un scoop !), les salons du livre, lectures publiques et animations d'ateliers de lecture. Seuls 5% ont des activités connexes rémunératrices, comme l'écriture de scénarios. Nous rappelant qu'en chinois, la France signifie “pays de la loi”, il regrettait cependant que celles-ci ne soient pas toujours respectées à l'égard des auteurs. Je n'ai pu m'empêcher de souffler à ma voisine bibliothécaire que j'avais versé, en 6 ans et pour 7000 livres vendus, plus de 10000 € de droits d'auteurs. C'est beaucoup… et peu à la fois.

Quelques tâtonnements dans Google Traduction sur le nom de la France en chinois

Mais, quand on observe l'équation économique du livre, force est de constater que toutes les filières sont extrêmement contraintes, à commencer par les libraires. Le désir d'être publié est si fort, de surcroît, que les auteurs sont à l'évidence en position de faiblesse face aux éditeurs. À mon sens, seule une augmentation spéciale du prix du livre de 5% permettrait de mieux rémunérer les auteurs (à condition de leur être affectée directement). Il faudrait alors voir quelles seraient les réactions des lecteurs-acheteurs (et des bibliothèques) si tout livre coûtait soudain de 0,50 à 2 € de plus…

L'après-midi a été spécialement tonique, avec la présentation, en seulement une heure, des “pecha-kucha” d'une douzaine de projets innovants, parmi lesquels figuraient :
  • Une maison d'édition auvergnate (éditions du Miroir) qui renverse délibérément les rôles en allant non pas “à la rencontre des attentes des lecteurs” mais en cherchant à en créer de nouvelles, en “interrogeant les évidences” – vaste programme !
  • Un logiciel en ligne pour le calcul des droits d'auteurs (droits.info), qui m'a fait penser à ma profession de conseil en informatique (et à mon outil “maison” de calcul, indispensable pour ne pas devenir un traumatisé de la calculette).
  • Une plateforme numérique multimédia, 1D Touch, aux concepts aussi innovants que difficiles à comprendre “hors ligne”, comme les “capsules créatives”, une image qui donne envie de s'envoler dans la stratosphère !
  • Et, en vrac (excusez) un “libraire volant” d'Auvergne, une action en faveur des “oubliés des vacances” (livres jeunesse en cadeaux), un éditeur de paroles de conteurs (Oui'Dire) ou des actions de fédérations d'initiatives.

La table ronde finale, intitulée avec malice “Génération X, Y… Z comme Zéro lecture” a permis de remettre en cause toutes sortes d'idées reçues et de clichés sur la lecture des jeunes – au sens large :
Au regard de la lecture (sur écran ou papier), la notion de digital natives n'a aucune pertinence, bien au contraire (Olivier Zerbib), n'oublions pas qu'un livre “de 527 grammes” est très lourd à manipuler pour des adolescents peu accoutumés à l'objet-livre (sic, Cécile Mansour, prof de lettres en lycée professionnel), et que la lecture de mangas peut très bien déboucher sur d'autres lectures, voire apporter passion et réflexion au-delà de ce qu'on imagine (Christine Détrez, sociologue). Enfin, Pauline Torbaty-Crassard, animatrice d'un réseau social de lecture, nous a révélé que, parmi ses membres, 11% lisent… plus de 10 livres par mois, elle-même ayant lu 600 livres par an de la sixième à la troisième ! Expérience commune : l'arrivée des lectures obligatoires et “sérieuses” du lycée, couplée aux contraintes de la vie sociale des lycéens, entraîne une baisse notable de la lecture de livres. Globalement, il ne semble aucunement que les jeunes lisent moins que par le passé. Tout au plus n'hésitent-ils pas à le dire, tandis que la part des lecteurs remonte régulièrement entre 25 et 35 ans. À noter que les garçons sont nettement moins attirés par la lecture, considérant cette activité peu “virile” quand ils ont 15-18 ans (ah la la…), même si un jeune “youtubeur” partageant ses coups de cœurs de lecture en vidéo nous a paru très “viril” dans son approche directe et frontale du livre !

Une journée “remue-méninges” cordiale et à la tonalité plutôt joyeuse, en dépit de toutes les difficultés qui planent tant sur le secteur du livre que sur l'Arald elle-même, qui ne perd pas pour autant son enthousiasme.