vendredi 10 février 2017

Les Enfants du Cèdre - un livre-témoignage

Le hasard a ses politesses : c'est le jour de mon anniversaire, le 14 novembre dernier, que j'ai été sollicité pour la réalisation d'un livre pour le compte de trois auteures, qui souhaitaient l'auto-éditer en vue d'une diffusion restreinte.

La soixantaine arrivée, trois sœurs lyonnaises travaillaient depuis plusieurs années à l'écriture d'un livre de souvenirs, afin de les transmettre à leur famille autrement que par la tradition purement orale. Elles recherchaient quelqu'un capable de “transmuter” le tapuscrit en “vrai livre”. Timidement, elles m'indiquèrent que ce serait bien qu'il soit au pied du sapin le 25 décembre. Le délai était serré !

Le symbole de leur enfance se trouvait être non pas un sapin, mais un cèdre. Un arbre vénérable, qui trônait dans le jardin de la maison familiale que leurs parents louaient dans les années cinquante. La maison a été démolie… mais le cèdre, lui, est toujours là ! C'était au pied de ce cèdre que s'était tenue une réunion de famille, au terme de laquelle le serment avait été scellé : Claudine, Danièle et Noëlle rédigeraient ces souvenirs et en feraient un livre…

Mission accomplie : la petite centaine d'exemplaires nous parvenaient le vendredi 23 décembre, juste à temps !

Dans l'intervalle, j'avais soigneusement révisé le texte – orthographe, typographie, ajustements de vocabulaire – et mis en pages le livre, en incluant un cahier de photographies en couleur. Je m'étais chargé des démarches administratives permettant d'obtenir le “césame” de l'édition : un ISBN (International Standard Book Number).  J'ai enfin aidé les auteures à la conception d'une couverture (à rabats), au choix des papiers intérieur et extérieur, et piloté le processus d'impression.

Résultat, un bien bel objet, qui symbolise une fois encore ce “pouvoir des livres” célébré par Paul Auster dans son livre Broolyn Follies, et que les éditions AO citent souvent, tant il est manifeste.

Les Enfants du Cèdre, édité sous le sigle CDR (les prénoms des trois sœurs), ISBN 978-2-7466-9730-0, 172 pages format 13 x 20,5 cm, cahier de 17 photos. Descriptif détaillé sur le site des éditions AO.

Jean-Luc Tafforeau, gérant des éditions AO

À droite : La couverture à rabats est imprimée sur un papier très légèrement teinté, aux fines rainures verticales, illustrée d'une vue du “cèdre” de nos jours, en noir et blanc.
 De gauche à droite : dans les rayons d'une bibliothèque, la couverture et le cahier de photos.

samedi 21 janvier 2017

Pour une année “oasis”

Le mois de janvier file, file… mais, il est encore temps de poster nos vœux sur ce blog…


Feuilletant un dictionnaire à la lettre O – pour dénicher un mot complétant le A des éditions AO – nous sommes tombés sur “oasis”, notant que ses deux premières lettres correspondaient à notre sigle inversé. D'où la formule ci-dessus… Rien à voir avec une boisson ! Dans ce monde saturé de messages, d'alertes en tous genres, de tweets, de SMS, de mails et autres sollicitations qui interrompent notre concentration, un éditeur – créateur de livres – se hasardait à vous souhaiter des heures de lecture protégées, des moments privilégiés en tête-à-tête avec des auteur(e)s, à tourner les pages et expérimenter le “pouvoir des livres”.

Voici la reproduction des vœux inclus dans notre emailing du 17 janvier dernier. Le 17 ? Comme 2017, ça tombait à pic !
« Que le “pouvoir des livres”, que Paul Auster nous invite à ne “jamais sous-estimer”, vous offrent à toutes et à tous de belles oasis de paix et de sérénité : se plonger dans un livre, privilège immense dans notre société éclatée et éparpillée “façon puzzle”, autant d'occasions de se déconnecter et de se réunifier, autant de moments de partage avec nos auteur(e)s. »
Politique-fiction : un art difficile !
L'année 2017 promet d'être agitée… ne serait-ce que politiquement, avec cette élection présidentielle incertaine, fluctuante, suscitant emballements, affrontements, avalanche de candidatures redondantes, primaires aux résultats aussi imprévus que douteux – nous verrons demain, dimanche 22.
Car la politique-fiction est un art difficile, dont les scénarios se périment à toute allure.
Le roman de Houellebecq, Soumission, qui vient de reparaître en format poche, n'échappe pas à cet écueil. Il imagine en effet l'élection présidentielle de 2022, au terme du second mandat de François Hollande, réélu en 2017 contre Nicolas Sarkozy (!), et dont Manuel Valls serait le premier ministre (re-!). Marine Le Pen serait en tête du premier tour, un front républicain inédit se préparerait… Retour vers le futur, ou fiction déjà dépassée ? Quand l'auteur évoque des “touristes armés de caméscopes”, on mesure combien il est risqué de se projeter dans l'avenir, aussi proche soit-il…

Mais revenons à l'édition !
La semaine passée, les éditions AO ont enregistré leur huit millième vente de livre, à l'orée de leur huitième année d'exercice. Mille exemplaires par an, un chiffre à la fois modeste et conséquent. Auto-diffusées, les éditions AO doivent en effet déployer énergie, enthousiasme, professionnalisme et opiniâtreté pour que leurs livres trouvent leurs publics.

L’activité des éditions AO reste d’une échelle modeste : vendre 1000 exemplaires par an est un vrai défi, sachant que nous ne nous sommes pas engagés dans la diffusion “universelle”, trop risquée – imprimer 3000 exemplaires, les confier à un diffuseur… et risquer de devoir en pilonner 2500. Nos canaux de distribution sont le web (ventes sur le site AO par PayPal, présence sur Amazon, incontournable), les librairies (référencement dans les bases de données Dilicom et Electre) surtout quand elles acceptent de “mettre en avant” les livres AO (exemple de Vivement Dimanche à Lyon, qui a écoulé 90 exemplaires de Crimes à la Croix-Rousse), ainsi que les auteurs (séances de dédicaces, salons du livre, activation de leurs réseaux personnels).

Ci-dessous la répartition des ventes de 2016 (cliquez pour zoomer). Si tout va bien, nous aimerions doubler ce score en 2017 – mais rien n’est joué !


Et pour tout dire (titre de la dernière publication AO), cette activité éditoriale n’est ni un hobby, ni du mécénat, ni du bénévolat. Étant travailleur indépendant, le gérant des éditions AO tire ses revenus exclusivement de son activité, autrement dit des rentrées de chiffre d’affaires (et d’honoraires pour la partie informatique). Allier prise de risques éditoriaux, rentabilité (modeste) et enthousiasme sont nos trois motivations. Continuons le combat !

Pour 2017, sont d’ores et déjà inscrits au programme la parution de nouveaux romans d’auteurs AO : Henry Carey, Jacques Morize et Daniel Safon. La collection Dora-Suarez-LeBlog s’enrichira d'un troisième opus, Au fil de l’eau. Une incursion dans le domaine de la musique est sur le point de se concrétiser, avec Paul McCartney, la playlist des années solo, signé de… votre serviteur. D’autres projets sont en préparation, même s’il est encore trop tôt pour les dévoiler.

Et si vous trouvez que le temps “file” trop vite, comme nous le remarquions en préambule, allez voir le dernier film de Jim Jarmusch, Paterson. Sept jours de la vie d'un jeune couple. Lui, chauffeur de bus, elle artiste en devenir, rêvant de mettre au monde des jumeaux. Il y est question de création : Paterson écrit de magnifiques poèmes sobres et concis, sa compagne agrémente leur environnement de motifs noirs et blancs : rideaux, vêtements et pâtisseries ! Un chien facétieux observe leurs gestes d'un œil goguenard… Au fil des jours, le spectateur ressent comme un ralentissement du temps, prend conscience du merveilleux qui se niche dans les petits faits du quotidien, vibre avec les êtres profondément humains qu'il voit vivre sur l'écran… jusqu'à avoir la sensation d'arrêter, de suspendre l'écoulement du temps, en symbiose avec la délicate poésie qui émane de ces deux jeunes Américains. C'est stupéfiant ! Et ce n'est qu'en rallumant son portable en sortant du cinéma qu'on s'avise que le réalisateur les a bannis du quotidien de ses personnages… Ce n'est pas un hasard. Nous avons vécu une heure trente durant dans un oasis cinématographique !

mercredi 9 novembre 2016

Un Lexique de propriété intellectuelle

Les éditions AO, gérées par Jean-Luc Tafforeau, se font avec joie l'écho de la récente publication de Patrick Tafforeau, frère du précédent, et professeur agrégé de droit à l'Université de Nancy.


Il s'agit d'un lexique, rassemblant 300 mots-clés sur le thème de la propriété intellectuelle, une façon attrayante et pédagogique de prendre la mesure de ce domaine fondamental du droit. Le rapport qualité-prix du lexique est indéniable : 4,80 € pour ces 300 “entrées de lexique”, définies au long de 48 pages denses au format 11 sur 21 cm, agrafées pour faciliter la consultation : le fascicule tient “ouvert” sans difficulté sur la table de l'étudiant ou de toute personne souhaitant s'initier au vocabulaire fourni de cette branche du droit, ainsi définie dans le communiqué de publication :



Petit lexique Droit de la propriété intellectuelle, par Patrick Tafforeau, ISBN 978-2-297-05393-8, éditions Gualino / Lextenso éditions. Il est feuilletable sur www.lextenso-editions.fr

mercredi 26 octobre 2016

“Domptez” Microsoft Word

L'intitulé classique des formations à un logiciel utilise plutôt le verbe “maîtriser”. C'est déjà un terme assez fort. Avec Microsoft Word, le verbe “dompter” s'impose. C'est le titre du stage de formation que les éditions AO vous proposent : “DOMPTEZ WORD !”

Pourquoi ?
Le traitement de texte de Microsoft est un vieux logiciel – ses premières versions ont 30 ans. Il s'est construit au fil du temps, par l'accumulation de fonctions, empilements parfois complexes, qui rendent son emploi raisonné et efficace assez difficile.


J'utilise pour ma part cet “outil” depuis ses origines, que ce soit sous Mac OS ou sous Windows. J'ai dû saisir des milliers de pages, dans tous les domaines, du courrier au roman complet, du compte rendu au rapport d'analyse informatique, des cartes de vœux aux dépliants publicitaires.

Avec ce stage, je vous propose une démarche originale.
Il ne s'agit en aucune façon de “tout savoir” sur Microsoft Word, mais plutôt de savoir comment accéder à tout, uniquement si le besoin se fait sentir, et, en priorité, de découvrir les fonctions essentielles du traitement de texte.

L'objectif premier est de gagner du temps, de ne pas vous enfermer dans des processus labyrinthiques et répétitifs, de garder la main, de rester les “maîtres du jeu”. En aucune façon un logiciel n'est une norme à lui seul. Ce n'est ni un professeur, ni un expert. Votre vocabulaire ne figure pas dans son “correcteur orthographique” ? La belle affaire ! C'est vous qui décidez, l'être humain, et pas lui. Il n'est que le reflet de ce qu'ont imaginé d'autres êtres humains, les concepteurs et programmeurs, et ils ne sont pas infaillibles – seule le Pape l'est, et encore, suite à une “bulle” datant du XIXe siècle !

Pour recevoir de nombreux “tapuscrits” et autres documents un tant soit peu complexes, je mesure combien l'emploi de Word reste sommaire. Certes, la suite Office est facile d'accès. Il est dommage cependant de rester à la surface des choses. Que de pertes de temps !

Je vous propose d'organiser ce stage sur Lyon, pour une durée d'une journée. Selon le nombre de participants, nous imaginerons la meilleure solution pratique. Il s'organisera autour d'études de cas, de mémos, de conseils et d'expériences qui modifieront profondément votre façon d'employer le logiciel. Et, surtout, de le “dompter”, de faire en sorte qu'il soit à votre service – et non l'inverse !
Travailleur indépendant, je vis de mes prestations de services (et de la vente de livres des éditions AO). Ce stage sera donc payant. Je me réserve la possibilité de faire varier le prix selon les moyens et le statut des participants (particuliers ou professionnels).

Pour me contacter à ce propos, utilisez l'adresse de courriel placée en marge droite de ce blog, ou consultez la page Contact du site web des éditions AO.

Merci pour votre attention !

Jean-Luc Tafforeau, gérant des éditions AO

NB : ce que vous pourrez apprendre concernant Microsoft Word s'applique pour l'essentiel à ses “clones” du monde du logiciel libre.

mardi 4 octobre 2016

Salon du livre de Miribel : “des livres et vous”

C'était à Miribel (Ain), du vendredi 30 septembre au dimanche 2 octobre 2016. Le premier salon du livre de la ville se tenait à l'Allégro, vaste salle dans laquelle une quarantaine d'auteurs étaient au large pour présenter leurs livres.


« Des livres et vous », un titre souvent employé, qui n'en garde pas moins toute sa saveur.
Car vous étiez nombreux, ce week-end – les éditions AO peuvent en témoigner, ayant rarement vu autant de monde à un événement de ce type. Et des livres, il s'en est vendu, il s'en est dédicacé, il s'en est échangé des quantités respectables.

Ci-dessus : Ludovic et Cathy, de l'association Dora-Suarez-leblog.

Les éditions AO avaient été accueillies par la Ville grâce à la participation active de l'association Dora-Suarez-leblog, qui œuvre à la promotion du roman noir depuis quelques années en région lyonnaise, et co-organisait la partie librairie du salon, tenue par Jean-Pierre Barrel (Un Petit Noir, librairie-café-polar des Pentes de la Croix-Rousse).

Ci-dessus : Jacques Morize indique avec autorité (normal, pour un auteur), où se trouve la caisse de la librairie.

Deux auteurs AO, et non des moindres, étaient venus partager leur enthousiasme pour leurs romans :
Jacques Morize, et sa série du commissaire Séverac, dont chaque épisode se déroule dans un quartier de Lyon.


Gaël Dubreuil (ci-dessus à la mise en place), comédien et auteur de À qui profite le Kir®?, un thriller apéritif dont nous avons fêté le quatre centième exemplaire vendu vers 15 heures le dimanche 2. Eh oui, ce n'est pas rien, 400 exemplaires, pour un éditeur indépendant ! Les libraires, les salons du livre et les auteurs sont nos principaux canaux de diffusion, ils étaient ici rassemblés, et à leur meilleur.

L'association Dora-Suarez-leblog est par ailleurs à l'origine de la nouvelle collection des éditions AO, “Dora-Suarez-leblog présente”, dont le volume 2, tout juste sorti des presses, s'intitule “À table !”, et était proposé en première exclusivité aux visiteurs du salon.

Ci-dessus : Philippe Setbon, réalisateur, scénariste et romancier (et auteur d'un des textes du volume 1 de la collection Dora-Suarez-leblog présente”).

Aux tables de dédicaces, la totalité des 4 auteurs de ce recueil de textes étaient présents : Eric Courtial, James Holin, Jacques Morize et Eric Robinne, l'occasion de repartir avec des livres (et vous) enrichis de 4 dédicaces. Des collectors pour vos bibliothèques.

Ci-dessus : James Holin ne semble pas avoir l'angoisse de la page blanche de dédicace, avec le soutien de boissons (fortes) et de gâteaux (riches en chocolat).

Nos vifs remerciements vont à la ville de Miribel, à la libraire Un Petit Noir – qui a assuré la logistique – à l'association Dora-Suarez-leblog, ainsi qu'à toutes les lectrices et les lecteurs venus rencontrer les auteures z'et auteurs.

Supplément iconographique souriant :

 Jacques Morize et une lectrice…

  Philippe Setbon écoute un lecteur…

James Holin en plein assaut de conviction.

Et pour finir : Jacques Morize boit à votre santé… en noir et blanc.

jeudi 8 septembre 2016

Mon coup de cœur de la rentrée

« Les éditions AO ont retenu avec émotion et plaisir les “métaphorismes” de Renaud Weiss pour le nouveau volume de leur collection “RIMOTISES”, à paraître dans quelques semaines. Il  vous est proposé en précommande, donnant droit à des exemplaires numérotés. Ce “coup de pouce” nous sera précieux pour assurer le meilleur démarrage à ce beau projet éditorial, mon coup de cœur de la rentrée. » Jean-Luc Tafforeau, gérant

Ce mot est étonnant, ne serait-ce que parce qu’il contient à la fois le mot « mot » et le mot « rime ». Pas mal pour un seul mot ! Et il rime avec « surprises », ces associations que les mots suscitent, aussi riches qu’inattendues…

Précommandez le livre avant le 25 septembre et recevez votre exemplaire numéroté !
Livraison mi-octobre

ET POUR TOUT DIRE
les “métaphorismes” de Renaud Weiss

Renaud Weiss a composé une série de textes brefs – jusqu'à quelques dizaines de lignes – qui se distinguent par un sens aiguisé de la formule et des enchaînements. Il joue avec les mots, alternant gravité et légèreté, toujours avec humour – et une franchise désarmante. Ces “métaphorismes” lui permettent de "tout dire” (ou presque) sur la vie, la mort, le rêve, l'amour et… l'écriture.
Une expérience de lecture inédite !

Consultez la page du livre sur le site AO.

UN TRÈS BEL OBJET-LIVRE

• Exemplaires numérotés en première page
• Couverture à rabats
• Format étroit adapté aux “métaphorismes” (12 x 20,5 cm)
• Papier intérieur ivoire épais pour le confort de lecture
• Mise en pages sophistiquée
• 240 pages, dos carré collé
• Proposé au prix public TTC de 18 €
• Participation aux frais de port réduite : 1 €

Ci-contre : le “prototype” du livre, réalisé par l'imprimeur

Plusieurs modalités pour commander
• Téléchargez le bon de commande (règlement par chèque, encaissement après expédition)
• Payez par PayPal sur la page du livre (encaissement immédiat par construction)
• Adressez un simple mail à commande[at]ao-editions.com en indiquant vos nom et prénom, le nombre d'exemplaires souhaités et l'adresse postale de livraison. Vous recevrez le(s) livre(s) accompagné(s) d'une facture

Quelques exemples de “métaphorismes”
S’il m’arrive de peindre les choses en noir, 
je ne fais jamais sans blanc.
Cultiver l’absurde pour en tirer toujours 
un petit gain de folie !
Ce qu’il y a de beau dans l’écriture, 
c’est ce qui se passe entre les lignes 
(tout le reste n’est que mythes et ratures).
J’ai toujours préféré l’orage (eau des espoirs).
Les histoires d’humour finissent bien, 
en général.


Pour terminer, un aperçu de la “lecture intuitive” qui est proposée aux lectrices et lecteurs sur les pages paires (à gauche) du livre, tandis que les pages impaires vous offrent une lecture directe…






dimanche 21 août 2016

Dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte

Nous ne saurions trop vous conseiller la séquence de 4 minutes passée au 20-Heures de TF1 samedi 20 août, “Premier de cordée, dans les pas de Roger Frison-Roche au sommet de l'aiguille Verte”. Elle est visible en “replay” à cette adresse. C'est une réalisation de Yoan Hentgen, qui a également filmé les séquences en haute altitude.

Pourquoi ? Avant tout parce qu'elle vous fera partager l'émotion que tous les alpinistes éprouvent au moment de fouler le sommet de l'aiguille Verte. À 4121 mètres d'altitude, ce belvédère à la cime effilée offre un panorama unique sur le massif du Mont-Blanc et sa Vallée. Émotion après des heures d'effort dans l'un des itinéraires d'accès à ce sommet mythique – couloirs Whymper ou Couturier entre autres, émotion pour le “premier de cordée”, le guide, et son client, émerveillé de se tenir là, un véritable rêve devenu réalité ; émotion face à la beauté rare et inédite d'une montagne-monument.

Pour avoir connu cette expérience un 22 juillet, il y a près de trente années, je dois dire que j'ai versé quelques larmes en visionnant ces images – un grand merci au passage à Gilbert Pareau qui fut mon “premier de cordée” ce jour-là. Il n'est pas exagéré d'affirmer que ce fut mon plus beau sommet, bien plus beau que le mont Blanc, n'en déplaise au fier toit de l'Europe !


Depuis son jardin des Frasserands – d'où la Verte nous regarde – Jean-Claude Charlet nous lit quelques lignes du roman de Roger Frison-Roche, qui a marqué des générations d'alpinistes et d'amoureux de la montagne, suscitant de nombreuses vocations.


La cordée émerge d'un immense toboggan de plus de mille mètres : le couloir Couturier.
« Ici, chaque geste garde sa valeur, chaque mouvement compte… » (Frison-Roche)


Le guide, Zian Charlet, et son client, se dirigent vers le sommet.
“Moi, je suis toujours corde tendue. J'y mets un point d'honneur. Si mon client fait une zipette, j'suis quasi sûr à 100% de le tenir. Ça m'est déjà arrivé qu'il y ait un mauvais pas et j'ai bien tenu.”


Les derniers mètres sur la crête sommitale. Au centre, à l'horizon : le mont Blanc.


Montée vers le soleil, sur une neige vierge dans laquelle la cordée va imprimer ses traces.


Comme le dit avec beaucoup de justesse Zian : “Au sommet de la Verte, on devient montagnard ; mais avec un client, on devient amis, de grands amis.”


Dans la famille Charlet, nous précise le journaliste, la Verte est une histoire de filiation depuis trois générations. De père en fils, il faut conquérir l'aiguille Verte. Zian en témoigne : “Ah, la première fois, j'ai bien caché mes larmes… J'ai eu une boule au ventre pendant un quart d'heure, ici !” Jean-Claude Charlet évoque les “silences éloquents” de son père Armand : “Simplement tout dans le regard, et vous voyez que votre père est fier de vous, et cela suffit. Ça vaut tous les cadeaux du monde.” Des moments uniques, qu'il nous a relatés dans le dernier chapitre de son livre De Fils en Aiguilles.


La conclusion, sous le regard de la Verte : “C'est une philosophie qui amène à essayer de vivre ses rêves. C'est simplement ça, et, finalement, la vie, c'est quoi ? C'est cela : vivre ses rêves.”

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Vous pouvez télécharger à ce lien les discours prononcés par Jean-Claude Charlet à la fête des Guides de la Compagnie des Guides de Chamonix, dont il est le président.